Traitement de l’anxiété
Les troubles de l'anxiété

Environ quatre-vingt pour-cent de ceux qui viennent consulter à mon cabinet souffrent, en parallelle à d’autres soucis, de troubles d’anxiété aigus.
En general, le patient arrive chez le psy après une periode longue et pénible d’anxiété qui devient de plus en plus pesante. Il y a les fameuses « crises de panique », qui bien sur vont de pair avec l’insomnie, des troubles digestifs, des douleurs, et toutes sortes d'afflictions psychosomatiques.
Sans exagérer, je peux dire que dans mes longues années de pratique, même les formes les plus aigus de l’anxiété trouvent un réel soulagement après deux mois de psychothérapie hebdomadaire. Six à huit séances sont nécessaires pour qu’un cas dit « grave » cesse d’avoir des crises de panique qui sembleraient « venir de nulle part »; imprevisibles et inexplicables. A partir de là, il peut arriver une de deux choses:
- Le patient, dont les crises d’anxiété ont cessé et n’exercent plus un contrôle sur leur vie, ressent un profond soulagement et choisi d’arrêter la thérapie et de continuer leur vie comme avant, avec quelques modifications apprises au cours des séances.
- La deuxième option est que le patient choisi de continuer la psychothérapie et d’embarquer dans un voyage merveilleux d’auto-exploration. Et se transformer d'une personne anxieuse, fragile, à fleur de peau et influençable, en une une personne forte, apaisée et calme, avec une assurance et une dignité contagieuse.
Malheureusement le cas décrit ci-dessus arrive seulement dans environ cinq pour-cent des cas. La majorité des personnes veulent seulement eliminer l’anxiété, sans forçement l’attaquer à la source, soulever le couvercle et voir ce qui se cache au dessous. Ceci est parfaitement ok, et l’intuition de chacun devrait toujours etre respectée, parce que cette intuition est toujours juste.
Le point le plus important que je voudrais souligner ici est que les troubles anxieux sont relativement faciles à traiter, pourvu que la personne souffrante ait le courage de prendre contact avec un psy. Il est vrai que nous ne pouvons pas éradiquer l’anxiété à cent pour cent (plus sur ceci dans un article ultérieur), mais nous pouvons définitivement traiter l’anxiété paralysante qui nous empêche de vivre.
Donc, il y a toutes les raisons pour garder espoir.
Six à huit séances
Dans ce paragraphe, je vais expliquer ce qui se passe pendant les six à huit séances qui sont nécessaires pour que le patient sente qu’il peut encore une fois maitriser son monde émotionnel et psychique et pour que l’anxiété diminue considérablement.
Le thérapeute commence par décrire les émotions. Il y a deux catégories: les émotions positives, et celles qui sont négatives. Les émotions positives sont super, nul besoin de les modifier. Les émotions negatives sont majoritairement deux: la tristesse et la colère. Il y a la peur aussi, bien sûr, la peur et/ou l’angoisse. Et, ce qui est fascinant, dans la majorité des cas c’est cette peur qui a pour fonction de masquer les deux autres émotions.
Il est plus facile d’avoir une angoisse généralisée que d’être déprimée, par exemple. La tristesse est très difficile à assumer. La tristesse touche à un malaise existentiel, à une difficulté profonde à faire face à la vie et au monde qui nous entoure. Mais, encore plus difficile à assumer est la colère. Surtout pour des gens « bien », des hommes « gentils », des femmes « bien élévées ».
Il est intéressant de se demander: « Si je n’étais pas anxieux, je serais comment? » Au premier abord, le patient répond: « Ah, je serai trop bien, ce serait génial… » Mais si on creuse un tout petit peu, on touche à la tristesse ou à la colère…. Et c’est là où est le point pivotant de la thérapie. Le patient se rend compte que son monde émotionnel est vaste et complexe, et n’est pas limité à la peur. Et à partir de là, petit à petit, il se rend compte aussi que c’est lui qui est le maitre à bord son navire psychique, qu’il n’est pas impuissant, et qu’il peut controler ce qui lui arrive, et ce qu’il ressent. Ce sentiment de controle est primodial, je le décrirai dans le prochain article.




